Bas de soie, crampons et boa – Chamoniarde 2/3

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Je pars avec une tenue sportive, longuement étudiée, préparée, réfléchie et surtout pesée :
1 – une chemise-pantalon en flanelle anglaise pour mettre sur la peau.
2 – une chemise d’homme allant par-dessus.
3 – une cravate foulard.
4 – deux paires de bas de soie.
5 – deux paires de bas de laine très épais.
6 – deux paires de souliers à crampons imperméables et d’inégales grandeurs.
7 – une paire de pantalons larges à cordage en haut et à guêtres en bas rentrant dans le soulier. Ce pantalon est en étoffe de laine écossaise doublée d’un drap de molleton chaud et moelleux.
8 – une ample blouse de même étoffe et de même doublure dont les plis arrêtés devant et derrière matelassent la poitrine et le dos.
9 – une ceinture de cuir, disposée de manière à serrer plus ou moins le bas de la taille.
10 – une paire de gants fourrés intérieurement.
11 – une paire de gants fourrés extérieurement assez larges pour aller sur les autres, avec une épaisse fourrure en bracelet pour intercepter l’air.
12 – un boa.
13 – un bonnet juste en étoffe, pareille à la blouse, doublé de même et garni en fourrure noire, avec voile vert cousu sur le bord.
14 – un grand chapeau de paille de Chamonix doublé d’étoffe verte et garni de quatre attaches pour pouvoir le fixer solidement.
15 – un masque de velours noir.
16 – un grand bâton ferré.
17 – un tartan.
18 – une pelisse doublée de fourrure pour la nuit et les heures les plus froides de la journée.
Et un petit miroir, il faut bien emporter quelque chose de féminin.
Henriette d’Angeville, deuxième femme au sommet Mont-Blanc, 4 septembre 1838.

Jeanne Lacland, publié le 25 août 2010, pour la revue en ligne du Théâtre du Rond-Point, Ventscontraires.net

 

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