Oser, même en basse vallée – Chamoniarde 3/3

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J’ai connu Chamonix au temps des diligences. Ce ne fut que vers 1905 que j’entendis parler du ski. Les Hommes portaient des jambières, des chandails remontant jusqu’au cou, la tête encapuchonnée dans un sérieux passe-montagne. Les skieurs, à leurs débuts, se considéraient un peu comme des explorateurs. Bien que pratiquant depuis bien des années le grand alpinisme et portant pour cela des culottes, je n’avais pas encore osé l’adopter en basse vallée. J’avais simplement imaginé, à la sortie du village – Chamonix était encore un village – de relever ma jupe avec des pinces. Cela était déjà très audacieux. J’allais bientôt juger la jupe incompatible avec un sport où il fallait parfois faire de l’acrobatie pour se démêler dans la neige, c’est pourquoi, ainsi que Marie Marvingt, l’aviatrice et l’alpiniste bien connue, j’arborais courageusement la culotte… Des mères de famille détournaient la tête scandalisée par la tenue que je portais. Madeleine Namur-Vallot, 1907

Jeanne Lacland, publié le 05 septembre 2010, pour la revue en ligne du Théâtre du Rond-Point, Ventscontraires.net

 

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