Je laisse ici des traces. Des traces du présent. Alors que la pensée n’est pas faite, que la mémoire n’est pas recomposée, que le temps file à une vitesse folle. Je suis navigatrice, autrice de radio, compositrice et documentariste. Je raboute les sons environnant de tant d’histoires éparpillées.

En ce moment, il est question d’écouter une baleine, la puissance des vagues, les habitants d’Etel, les plongeurs en apnée, des navigatrices au très long court.

En 2021 il est possible :

  • que par une suite de relations récurrentes, je m’amarre à un point fixe. Ce sera sans doute dans le chapitre d’un site abbatial finistérien cistercien. J’espère y déceler des échos très anciens.
  • que cette histoire de mouvements, d’écoutes des baleines, de sentiments océaniques, de voiles et de dévoilement, de traces sonores et de retournement de l’écoute, se retrouve fixée sur du papier.
  • que recevant chaque semaine le journal de bord sonore d’Isabelle Joschke, en course autour du monde à la voile, en solitaire, sans escale, et sans assistance, cela deviennent Seule en mer pour Ouest France mais aussi une Expérience de France Culture. Avec Elodie Pasquier à la clarinette et Céline Grangey, ingénieure du son.
  • que je tente de parler d’écoute des baleines // lors du séminaire « Beyond Words » de l’Oxford centre of Life-Writing et d’Oceans Ambassadors. Le 26 janvier avec Olivier Adam. // Lors du séminaire « Les scénarios de l’art – Ecologie sonore – les sons minuscules » invitée par Agnès Foiret Collet. Paris Panthéon Sorbonne – Institut Acte. Le 7 avril à confirmer. // A la bibliothèque musicale Buffon de Paris, 17 avril à 15h.
  • que je crée un concert de baleines dans la piscine de Kerpape porté par Xavier Lejeune et l’équipe de l’Estran de Guidel, Morbihan. Avec Florian Gazagne au basson et Céline Grangey, ingénieure du son, le club de plongée du coin et bien d’autres. Le 1er mai déconfiné.
  • que je développe une interface de jeux humains-machine-baleine avec Diemo Schwarz de l’Ircam.
  • que je construise une chambre à soi vers le phare de Doëlan, lieu de travail intime ou de vie collective fertile.
  • que sorte avec le réseau Fair_play, une puissante compilation inclusive et intersectionnelle d’oeuvres sonores et de compositions de femmes cis et trans, de toutes générations et expériences.
  • que je mène une enquête radiophonique pour France Culture – une histoire particulière sur le dauphin Zafar, disparu le printemps dernier dans des conditions très particulières. Dauphin frotteur inter-espèce, il avait noué des relations d’amitiés humaines très singulières dans une baie finistérienne
  • que nous imaginions une exploration subtile des sites ostréicoles disparus avec le Conservatoire du littoral du golfe du Morbihan.
  • que je retourne et retourne encore à la Réunion pour voir ce que deviennent les copines sous marines, les Megaptera novaeangliae et écouter encore et encore ce que nous avons à partager. Avec Olivier Adam et Fabienne Delfour.
  • que Séverine Morfin, altiste, s’engouffre dans le projet Mad Mapple avec Elodie Pasquier, clarinettiste et que j’y pose quelques environnements sonores effondrés.
  • qu’Aline Bieth, douce flutiste m’invite à co-écrire une histoire musicale du grand hivers 1709 à la Fondation Royaumont, décembre 2021.
  • que bien des choses se passent avec Perrine Villemur, scénographe et Nadia Sénéchal, professeur, spécialiste des vagues en période de tempête.
  • que je continue à écouter le monde, ses beautés multiples comme ses obscurités morbides, sa surface comme ses abysses. Rien est essentiel, tout est vivant, tout est consubstantielles. Je tisserais des liens concrets, des relations humaines, des ponts en pierre et des routes maritimes, même si elles s’effondrent.

Photo : Alex Voyer